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utiliser des films Polaroid ?

Les films Polaroid sont presque à ranger sur l'étagère des procédés anciens à côté des cyanotypes et des émulsions liquides. Quel est alors l'intérêt d'un film à développement instantané quand on peut voir sa photo sur l'écran d'un numérique ?

Peut-etre justement parce que ce n'est pas un outil de production d'images en masse. C'est une technique exigeante. Les films sont délicats à exposer. Ils sont coûteux et le matériel est lourd et encombrant. Pour les films noir et blanc, il faut transporter avec soi la solution de traitement du negatif. On ne "shoot" pas avec un polaroid. C'est un autre rapport au temps.

Ce sont aussi des films qui ont du caractère. J'apprécie le grain et la tonalité de gris des films noir et blanc, le rendu saturé des couleurs pour les films couleurs, et les possibilités de manipulation qu'ils autorisent

Enfin, ce n'est pas dans quelques années que je pourrais me consacrer à ces merveilleux films polaroids. Leurs jours sont comptés. Il y a quelques mois Polaroid a d'ailleurs annoncé l'arrêt de la production de deux ses films emblématiques, le film couleur SX-70 et le superbe film noir et blanc 665. Alors, avant qu'ils ne disparaissent, gavons- nous de polaroids !

technique

J'utilise un appareil moyen-format à dos polaroid : le Polaroid 600se, avec l'excellent objectif Mamiya 127mm, f/4,7. C'est un appareil paradoxal à visée télémétrique (comme un Leica M) et poignée pour un usage rapide mais aussi très lourd et encombrant et qui utilise des films lents.

Le dos accepte des films moyen-formats 31/4 X 41/4, soit un négatif de 8,5 x 10,8 cm (plus de 10 fois grand qu'un négatif de 24x36 et 2,5 fois plus grand qu'un 6x6). Particularité intéressante, le film noir et blanc 665 donne un positif et un négatif. Mais ce dernier doit être clarifié immédiatement après développement dans une solution de disulfite de sodium ce qui rend son usage assez contraignant.

emulsion lift

Certains films couleurs se prêtent au transfert d'émulsion. La gélatine, sur laquelle est fixée l'image sur le positif, peut-être décollée de son support et transférée sur une feuille de papier aquarelle. Ce qui donne à l'image finale sa fragilité et une étrange sensation de flottement.

transfert d'image

Cette fois-ci, au lieu de transférer le positif, je manipule directement le négatif. Juste après la prise de vue, le négatif est séparé du positif (ce dernier est jeté). Il est ensuite appliqué au rouleau d'imprimeur sur une feuille de papier aquarelle, puis délicatement décollé. Au cours de l'opération de nombreux décollements et coulures inévitables se produisent. A mes yeux, ces accidents font partie intégrante du processus créatif.


Dans les deux cas, ces procédés assez délicats dégradent le positif et le négatif n'est pas récupérable. Vous obtenez donc une oeuvre unique et non reproductible. Pour plus d'infos, je vous recommande cette page sur l'excellent site d'Helios, l'association pour les procédés photographiques méconnus.

d'après une illustration originale de Feyd

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